Regime cohen tlc décès

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L’exposition au musée du Quai Branly est une première mondiale, c’est l’histoire de la mise en spectacle de la différence, de la construction visuelle et intellectuelle du « sauvage », qui devint simplement du racisme.En exposant des œuvres dans les musées qui n’ont pas été offertes, à ce que l’on sache, on reste dans la démonstration d’une différence et non dans l’explication et la compréhension d’une civilisation.Après la Seconde Guerre Mondiale, le phénomène d’Exhibition disparaît peu à peu, car il lasse la population qui voit désormais « le sauvage » se moderniser.Ensuite on entre dans la soumission scientifique, on observe le « monstre » et « l’exotique », on mesure les parties de son corps pour mieux le classer et créer une sorte d’échelle des races.C’est aussi une prise de conscience à laquelle nous sommes à chaque fois confrontés, lorsque l’on se dit que cette histoire de cinq siècles, dans sa globalité, a si peu généré en expositions, en commémorations, en rassemblements…peut-être est-ce la raison de cette grande méconnaissance.Tout ce qui touche à l’esclavage est plus vu comme objet de curiosité et l’Etat n’aide pas en cela.En somme on exhibe ces hommes des terres inconnues où l’on veut établir son autorité pour légitimer cette action mais aussi pour faire comprendre au reste de la population le devoir qu’a l’Occident, celui de civiliser ces peuples « sauvages », en bons chrétiens bien-sûr.Aujourd’hui il semble que le travail de mémoire avance plus sérieusement même si beaucoup de choses restent à faire afin de prendre conscience des problématiques de l’esclavage mais aussi de la colonisation.Aujourd’hui il existe un réel décalage entre le fait que l’on sache ce qui s’est passé et comment ces hommes, femmes et enfants ont été exploités pour assoir une supériorité occidentale mais aussi par appât du gain, et la « surprise » que l’on a face aux preuves matérielles de cette réalité.Pour reprendre les mots de Pascal Blanchard, le commissaire scientifique de l’exposition, voir l’Invention du Sauvage, Exhibition c’est découvrir « le cerveau ouvert de l’occident…et comprendre comment sont fabriqués ces imaginaires ».Se confronter à cette histoire pourrait aussi permettre aux sociétés contemporaines, métissées, de mieux se comprendre, car si on ne parle plus de « sauvage », il est question aujourd’hui d’étranger.Avec la découverte du nouveau monde on y divulgue aussi l’habitant réduit à « l’autre », qu’on emmène en Europe pour le montrer et prouver sa grande découverte, ce fut évidemment le cas de Christophe Colomb.Aussi depuis le début de notre 21ème siècle les occidentaux commencent à rapatrier les dépouilles de ceux qu’ils ont soumis et éloignés de leurs terres.

Au Jardin d’Acclimatation par exemple qui est un lieu parisien très fréquenté, où l’on vient se divertir en famille comme au 19ème siècle, fait totalement abstraction de son passé de lieu d’exhibition de « sauvages ».Cela pourrait être une grande étape facilitant la commémoration.Aucune plaque commémorative ne nous le rappelle alors que des personnes y sont mortes et y reposent encore…Ce schéma est identique dans d’autres villes européennes. En 2001 le Sénat reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.Des corps qu’ils avaient tout de même continué à exhiber, mais aussi moulés pour garder une trace postmortem de cette différence.

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