Ebook maigrir sans regime urbain

Ebook maigrir sans regime urbain

Il fait tout pour que je ne puisse plus me passer de lui. Il pose ses achats et vient me prendre dans ses bras. — J’imagine que toi, tu lui aurais dit de se mêler de ses affaires et de nous laisser tranquilles ! Mais moi, je suis pas capable de parler comme ça au monde. Véronique212 nous explique en long et en large comment elle a perdu ses cinq dernières livres. Est-ce que je fais chier les grosses de cent dix livres, moi ? Mais Véronique212 passe son temps à nous faire suer ! La dame à l’autre bout du fil continue à m’expliquer en quoi consiste l’étude (un truc pour guérir les dépendances, si j’ai bien compris). Vous pensez que ce produit pourrait me faire prendre du poids ? Rien qui se remarque, mais vous pouvez compter entre trois et cinq livres facilement… Si vous êtes choisie, vous recevrez une première dose le 31 août, puis les suivantes tous les dix jours environ. Sans pouvoir m’en empêcher, je saute de joie dans la cuisine en m’imaginant déjà perdre autant de poids. Tiens, je pense que je vais commencer tout de suite en écrivant que j’ai trouvé une autre façon facile de perdre des kilos ! Je n’ai pas vu le temps filer, après cette bonne nouvelle. Il se laisse faire et prend place tout près de moi. Je niche ma tête dans son cou et lui refais des tas de promesses. Pendant que je pige dans l’assiette (que Manu m’oblige à terminer), il en profite pour me dire que ma boss a laissé un message sur le répondeur. En avalant une dernière bouchée, je soupire en songeant à tous mes efforts du jour, qui viennent d’être réduits à néant. Si ma journée de travail peut finir, que le week-end commence enfin ! J’entends le bruit des talons de ma boss sur le plancher verni et je serre en vitesse ma lime à ongles. Je n’ai pas de cliente pour le reste de la journée ; je dois simplement m’occuper de ma paperasse habituelle… Lundi prochain, je t’amènerai dîner et on fera un tour à ma boutique préférée ! Tu sais comme moi que notre apparence est particulièrement importante, dans notre domaine… J’ai un rendez-vous que je peux pas manquer et…, dis-je en tentant de me trouver une excuse. Mais, depuis quelque temps, je la soupçonne d’être jalouse… Dans ce cas, nous voulions vous annoncer effectivement que vous faites partie du groupe B37 et que vous commencerez les injections le lundi 31 août, vous aussi. À m’obliger à sentir les odeurs qui se dégagent de la cuisine. Du pouce et de l’index, je pince sévèrement la peau molle qui pend, sous mon bras. Un moment, je m’amuse à remuer les deux bras, pour faire bouger mon gras. Si je pouvais saisir un couteau et découper cette peau qui m’enveloppe, je le ferais ! Lentement, je lâche le couteau et me penche sur l’annonce qui a été encerclée. Est-ce que j’aurais mis le doigt sur LA façon de perdre enfin mon surplus de poids ? Je pourrais dire à Manu que j’ai bel et bien appelé son psy à la noix. Je n’aurais peut-être plus besoin de me faire vomir ! Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre démarche scientifique. J’en suis là dans mes pensées quand la porte de l’appartement s’ouvre sur Manu, qui tient un plateau avec deux cafés ainsi qu’un petit sac de papier brun. C’est surtout la seule façon pour moi d’avoir un peu d’énergie afin de passer à travers mes journées… Je voudrais lui lancer en plein visage son croissant et ses bonnes intentions. Et je me convaincs que, grâce à cette étude clinique, je pourrai reperdre facilement ce gras que je risque de prendre, si j’ingère bel et bien ce déjeuner. Bon, j’ai un tas de trucs à faire avant que la journée ne finisse. C’est ça ou carrément lancer la crème antivergetures sur le mur (crème dont le minuscule pot coûte près de cent cinquante dollars…) ! Je lance le combiné du téléphone sur le lit, avant de m’y asseoir et de poser les coudes sur mes genoux, la tête entre les mains. Manu n’est pas long à apparaître dans le cadre de porte, inquiet. Mais Manu se charge de me convaincre que je fais la bonne chose, sans avoir la moindre idée de l’endroit où je compte me rendre, dès lundi… Sans réfléchir, je me sers un grand verre d’eau, que je regrette aussitôt. Ses amis et lui passent tout leur temps à parler de ce sport et à écouter la moindre émission sur le sujet. Seriez-vous disponible pour venir à nos bureaux demain en début de journée ? Puis, ils doivent revenir nous voir à quelques reprises dans les trois mois suivants, afin que nous fassions un suivi des effets du… Évidemment, un montant est alloué à chacune des visites, jusqu’à concurrence de huit mille dollars. Il a les cheveux mouillés et une serviette nouée à la taille. Remarquant que je l’observe à la dérobée, il affiche un sourire en coin, avant de laisser tomber sa serviette et de s’approcher du lit. Il glisse lourdement sur le matelas, juste à mes côtés. Tandis que, de son côté, je la suspecte d’avoir pris CINQ énormes livres ! Mais c’est dans les détails qu’on peut observer les défauts de sa cuirasse… Je prends de grandes inspirations, les yeux fermés, et je sens la crise d’anxiété me quitter lentement. J’entends mon chum qui se faufile derrière moi et me serre dans ses bras. — Oh, euh, il doit y avoir une erreur, dans ce cas… Mais savez-vous si je dois bel et bien venir à vos labos, moi aussi? Mais, ce soir, il a bien dit qu’il ne reviendrait pas tard, car il travaille demain matin. Je m’apprête à retourner dans le bureau quand la sonnerie du téléphone me fait sursauter. Je le laisse m’embrasser dans le cou, en arquant le dos pour mieux sentir sa peau contre la mienne. Heureusement qu’elle sait comment camoufler le tout avec des tailleurs et des foulards qui peuvent leurrer les autres. Et moi qui suis coincée ici jusqu’à ce que j’aie terminé ce fichu document ! Son souffle est chaud quand il murmure à mon oreille : — C’est une bonne idée de rester ici, tous les deux… Je me tortille pour lui échapper, prétextant du linge à plier. En plus, avec Manu dans les jambes, c’est à peine si je peux sauter un repas. S’il me surprenait, je pense qu’il ferait une syncope. dis-je avec fébrilité, en songeant que, s’ils m’ont rappelée au travail, c’est que j’ai sûrement été choisie. Comme je ne réponds pas, son regard se pose sur l’annonce, que je tiens dans une main, et un sourire éclaire alors son visage. Elle dit qu’on fait encore trop de bruit, soupire-t-il en déposant deux croissants sur le comptoir. que je demande en fixant la nourriture, la gorge sèche. Je savoure le goût du beurre, tout en repoussant le sentiment de culpabilité qui ne saurait tarder à m’envahir. Et, dans mon dos, je croise ces doigts mêmes qui servent si souvent à me faire vomir, pour que Manu ne se rende compte de rien… Comment elle trompe sa mère et ses amies pour faire croire qu’elle se nourrit, alors que son jeûne dure depuis plusieurs semaines (si ce n’est quelques miettes vides qu’elle ingère ici et là). Bon, on a compris, elle pèse à peine quatre-vingt-deux livres et s’en vante à qui mieux mieux ! Non, je me la ferme et je me contente de suivre mon régime strict en espérant perdre mon gras de cuisse sans en rajouter. Vous serez ressortie de nos bureaux avant l’heure du lunch ! D’ailleurs, une chance que je ne travaille jamais les lundis matin. J’aurais juste une petite question, concernant les effets secondaires… — Ben voilà, j’ai tendance à engraisser facilement… Veuillez noter que le traitement se fait par injection. Et je vous souhaite de passer une bonne fin de soirée, me dit la dame avant de raccrocher. s’il te plaît…, lui dis-je en attrapant sa main, qui pend sur le côté de son corps. Et une bonne mise en plis ne te ferait pas de mal ! Tu as une si jolie silhouette, autant en profiter, non ? Habituellement, je m’entends assez bien avec Sandra. Sous le choc, j’avale difficilement ma salive, avant de répondre, un nœud dans le ventre : — C’est le nom de mon père. — Je suis tellement fier de toi, Ani…, me dit-il, sans faire mine de me lâcher. En colère contre elle autant que contre moi, qui n’arrive pas à perdre la moindre livre depuis hier, je repousse durement le clavier de mon ordinateur et me lève. Je recrache ce que j’ai dans la bouche et jette un coup d’œil à l’horloge. Quand la présaison débute, je peux dire adieu à mon chum au moins un soir sur deux… C’est avec plaisir que nous vous invitons à un rendez-vous préliminaire, à la suite duquel vous saurez si votre candidature a été retenue. Alors je vous donne tout de suite les détails importants. Je lui marmonne d’attendre une seconde, puis je me dépêche de fouiller dans le deuxième tiroir de la cuisine, où des crayons et des objets de toutes sortes cohabitent dans un désordre incroyable. Je m’en saisis aussitôt pour en retirer quelques feuilles molles. Vous devrez apporter une pièce d’identité avec photo. Je vous pose la question, car on vous fera des prises de sang. À ceux-ci, un montant de trois mille dollars est remis lors de la première rencontre. Après de longues minutes sous la douche, mon chum finit par pénétrer dans notre chambre à son tour. Il ne fait même pas d’efforts et, pourtant, il ne prend jamais une livre. C’est vrai qu’avec son travail de couvreur, il effectue en masse d’exercice. Puis, je passe l’autre derrière, sur ses fesses, et le tire vers le lit. Il revient avec un verre de lait (au moins, c’est de l’écrémé) et quelques biscuits sucrés (eh merde ! Mais les années ont passé et, en ce qui me concerne, j’ai réussi à perdre quinze bonnes livres depuis le temps ! Oh, elle s’habille toujours aussi parfaitement et n’a pas cessé d’avoir un look impeccable. Nous avions oublié de vous demander le prénom de votre conjoint, si je ne m’abuse… — Oh, désolée, répond sèchement la voix comme si elle m’en voulait de sa propre méprise. Sans compter cet ultimatum complètement démesuré de Manu ! Mais, si je perdais enfin ces satanées huit livres, j’arrêterais ! Un mal de tête assourdissant me vrille les tympans. Après une longue caresse, il s’éloigne et m’embrasse avec douceur. J’ai le goût de déposer une plainte sur le site et de la faire barrer de la place ! J’essaie de me concentrer quand elle mentionne tout l’argent offert aux participants. Je me mords les lèvres en attendant une réponse qui vient rapidement. À moi de faire chier Véronique212 avec ma nouvelle silhouette ! De retour sur l’ordinateur, je un moment avec les filles, avant d’entendre la serrure de la porte. Je ne prends pas le temps de saluer les autres que, déjà, je quitte le site de clavardage, pour ensuite me précipiter dans la chambre. À court d’idées, je lui affirme même que j’ai faim. Elle n’est visiblement pas contente que je n’aie même pas appelé pour dire que je serais absente. Puis, Manu me fait promettre de ne pas me faire vomir, par la suite. Espérons que je serai choisie pour l’étude clinique. Depuis dimanche dernier, je suis sur les nerfs, à attendre que ce laboratoire me rappelle. Pas moyen de se faire une manucure tranquille, ici… Mais je n’ai pas le goût de faire semblant d’être occupée. — Justement, Sandra, je voulais te parler de la semaine prochaine… Quand j’ai commencé à travailler pour elle, il y a déjà longtemps, nous faisions à peu près le même poids. Cela concerne l’essai clinique de lundi matin à nos laboratoires. Vous devrez dormir sur place et ne repartir que vingt-quatre heures plus tard.

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